#FocusOn : Térence, vice-champion de la Breakleague

Nous sommes allés à la rencontre de Térence, vice-champion de la Breakleague cette année. c’est l’occasion de revenir sur le parcours du jeune bboy niçois, impressionnant de détermination cette saison ! Check it out ! 

Cette année Térence du Crew Objectif Lune a fait très très fort ! Accompagné de son pote GrizzLee, il a marqué les esprits sur de nombreux battles. Faisant le déplacement à presque chaque battle de la league, les deux bboys d’Objectif Lune se sont imposés très rapidement comme LE duo le plus redouté de la saison. Parmi leurs faits d’armes cette année, on notera leur ascension dans le TOP 2 au battle SNT, leur finale d’anthologie au Beaucetown face à Immigrandz, et bien sur leur victoire magistrale au dernier Chill in the City. Les deux bboys niçois ont vu leurs efforts récompensés par les deux et troisième place du podium de la Breakleague. Ainsi les deux compères s’envoleront en octobre prochain pour Philadelphie où ils représenteront la France lors du Silverback Open.

L’occasion pour la Breakleague d’en apprendre un peu plus de Térence, vice-champion de la League cette année.

Térence, l’interview

  • Comment tu t’es mis au breakdance ?

 « C’est en quelque sorte l’héritage familial. Ma grande sœur tient une école de danse (Chrysalide). Elle m’a baignée dans la danse depuis tout petit. Et mes parents sont dans le monde du spectacle (Théâtre de l’Eau Vive à Nice) donc c’est un univers tout entier qui m’a porté. J’ai commencé la danse par clapping, jump des trucs comme ça. Après il y’a eu cette prof de hiphop qui s’appelait Léa; elle ne s’avait pas forcément faire tous les mouvements de break mais elle m’a transmis, et voila j’me suis mis au breakdance sans trop forcer. J’ai kiffé tout de suite, j’ai senti que c’était moi, mais pourquoi je ne saurais pas te dire, c’était vraiment à l’instinct. J’ai été inspiré par les bboys de ma ville, notamment Anormal crew qui m’a beaucoup inspiré »

  • Quels sacrifices c’est au quotidien d’arriver à ce niveau-là dans le bboying ?

« Les sacrifices il y’en a, en tout cas cette année ils ont été nombreux, surtout que j’ai un break assez technique donc c’est sûr que je dois avoir une certaine hygiène de vie, c’est moins de soirées, moins d’alcool, etc. Donc oui c’est beaucoup de sacrifices, ça c’est sûr. Surtout que dans le breakdance, sincèrement pour être au top et faire quelque chose il faut être dans le top 10 mondial, donc voilà. Il faut faire quelques sacrifices sociaux et financiers. Il faut faire attention aux blessures aussi je me suis déjà blessé deux fois donc il faut faire attention. Il faut savoir gérer son stress aussi, donc voila il faut penser à pas mal de choses.

  • Est-ce que tu es danseur à temps plein ou est-ce que tu as une activité à côté ? Comment tu envisages ta carrière dans la danse ?

« Mon emploi du temps change un peu tous les ans. Je fais toujours en sorte d’avoir un emploi pour avoir des revenus certains, parce que le break aujourd’hui c’est assez aléatoire. Cette année j’ai été animateur dans les écoles. En parallèle, j’ai travaillé avec deux écoles de danse, ce qui me permettait de donner à peu près 3h30 de cours par semaine. Ça me faisait à peu près 15h par semaine et je touchais également mon chômage comme j’ai travaillé l’an dernier en tant que prof de danse avec la compagnie chrysalide.

  • Je vois et justement, par jour, c’est combien d’heures de training ?

« Sincèrement ça dépend. Je sais que pour la préparation de l’année prochaine je vais m’obliger à m’entrainer 6h par jours. Cette année ça a été aléatoire, ça pouvait varier de deux à trois trainings de deux, trois heures dans la même journée.

  • Deux ou trois trainings de trois heures ? Donc parfois tu te fais des sessions de 9h par jours ?

« Je suis déjà monté à 8h de training quelque chose comme ça ouais. Mais bon, ce n’est pas incroyable non plus, je connais des gars qui se sont déjà entraîné 16h dans une même journée »

  • Quel a été le meilleur moment pour toi au sein de la Breakleague cette saison ?

« Je ne vais pas te mentir, ça a été la victoire au dernier Chill, parce qu’à chaque fois on arrivait en finale et on perdait, donc c’était la victoire qu’on attendait.  Le dernier moment où on savait qu’on s’envolerait pour les states, en finissant sur une victoire. Ça a été assez incroyable, on a eu un parcours assez incroyable, on a nous même été étonné par cette fin de saison. Le jour du Chill, tout s’est joué en demi-finale, on a eu la pression et l’adrénaline jusqu’au bout. Mais au-delà de ça, toute l’année on a kiffé, chaque battle qu’on a pu faire c’était du lourd. Avec GrizzLee on a pu se faire connaitre, donc que des bons moments cette année. »

  • Comment tu envisages le Silverback Open ?

« Pour le Silverback Open je vais me buter comme jamais. Je vais training comme un ouf, en faisant attention à pas me blesser bien sûr, mais je vais essayer de monter la barre d’un cran. J’espère vraiment transformer mon break d’ici le mois d’octobre. En Aout, septembre je vais vraiment donner le maximum, pour être prêt en octobre, et avoir un nouveau break, tout frais, tout neuf.

  • Si tu avais un conseil à donner aux bboys débutants qui te regardent, te connaissent et souhaitent faire quelque chose dans le break, ce serait quoi ?

« En premier lieu, c’est de kiffer. De s’entrainer sans que ce soit à contre cœur. Je sais que depuis tout petit moi je m’entraine sans voir le temps passer, donc voilà, il faut vraiment que ce soit un kiff. Il faut aussi se faire confiance, oser demander aux anciens. Et surtout ne pas se poser trop de question, breaker tout en kiffant quoi qu’il arrive. Si c’est la compétition qui t’intéresses alors n’aies pas peur de perdre et si c’est seulement pour le kiff, ne pas hésiter à se renseigner sur les mouvements, etc. Il faut savoir être curieux et passionné pour progresser

  • Qu’est-ce que tu penses du break aujourd’hui ? Comment tu aimerais qu’il évolue ?

« Bonne question parce que je fais partie de ceux qui veulent évoluer dans le breakdance. Je veux vraiment que le breakdance se professionnalise et qu’on puisse vivre bien de ça : que les bboys qui le méritent puissent toucher des salaires et accéder à une certaine sécurité. Si on arrive à mettre en place un break comme ça le niveau exploserait, c’est sûr et certain. J’aimerais aussi qu’on puisse avoir en tant que danseur « professionnel » un suivi médical.

J’aimerais que plus de bboys (qui le méritent) puissent en vivre, qu’on ne soit pas obligé en tant que danseur de faire des choses qui nous déplaisent pour pouvoir continuer à exercer notre passion. En France, on a deux champions du monde, Lilou et Mounir, et je pense qu’on n’a pas à se plaindre en France, on a des gros blazes et on n’a pas à rougir face aux autres nations. »

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